Calendrier

 << Janvier 2012 >>
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
      1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          

Prochains Événements

Accueil > Agenda >

Dimanche 8 janvier 2012 : rediffusion de l’enquête "Les mémoires d’un bébé" sur France2

Rediffusion à 04:25 - Dimanche 08/01 sur France 2

une enquête
"Les mémoires d’un bébé"

Durée : 1 heure 30 minutes

Production : Cinétévé - 2009

Réalisation : René-Jean Bouyer

Le sujet

Une enquête qui tente de déterminer si, en Occident, les enfants d’aujourd’hui sont mieux soignés et mieux élevés qu’au début du XXe siècle.
En Occident, durant la seconde moitié du XXe siècle, l’enfant est devenu une personne à part entière. Est-il pour autant mieux élevé qu’il y a cent ans ? _ L’expérience des mères et la relation avec les pères ont considérablement évolué. Mais c’est toute la société qui pose désormais un regard différent sur le bébé. Les juristes, les médecins, les responsables politiques, les démographes et les publicitaires ont eux aussi modifié leur perception de l’enfance. La notion même d’enfant a été affinée avec l’apparition de l’adolescent comme sujet psychologique et social. Avec la diminution des naissances depuis la Seconde Guerre mondiale, les parents n’ont-il pas d’autant plus choyé leur progéniture que les familles devenaient moins nombreuses ?

La critique

Au début du siècle dernier, le nouveau-né était perçu comme un être sourd et aveugle qu’il suffisait de nourrir pour le satisfaire. Aujourd’hui, on sait que dès les premières semaines de gestation, le foetus entend les bruits extérieurs et est capable de reconnaître la voix de sa mère. Le bébé est devenu l’objet de toutes les attentions. Dès la naissance, le développement harmonieux de son psychisme est une priorité pour ses parents. Comment, en un siècle, le tout-petit est-il passé de l’état de tube digestif à celui d’une personne à part entière ? C’est ce que nous explique ce passionnant documentaire qui s’interroge sur la transformation du regard posé sur le bébé au fil des décennies, des découvertes médicales et du changement des moeurs.
En illustration de la formidable évolution des soins donnés aux bébés, deux jeunes mères, leurs parents et leurs grands-parents comparent leurs expériences. Ce qui ressort d’abord, c’est que les parents actuels semblent assez perdus par rapport à ceux de la génération précédente. Peu réceptifs aux conseils de leurs aînés, auxquels ils préfèrent les instructions dispensées dans les manuels de puériculture ou sur internet, ces trentenaires sont souvent angoissés à l’idée de mal faire. “ Les spécialistes se sont tellement contredits les années passées que les jeunes parents ont de quoi être perplexes ”, dit la puéricultrice Martine Vermilland. Un exemple : au début du XXe siècle, le bébé doit impérativement être couché sur le dos. Erreur, affirment les médecins, dans les années 1930, qui recommandent de l’allonger sur le côté. Le nouveau-né est placé sur le ventre à partir de 1972 afin qu’il ne s’étouffe pas avec ses régurgitations. En 2000, retour à la position sur le dos, qui minimise les risques de mort subite du nourrisson. En un siècle, celui-ci aura accompli une rotation complète dans son berceau ! Autre injonction contradictoire : celle de nourrir sa progéniture au lait artificiel puis, de nouveau, au lait maternel. A l’orée du XXe siècle, le biberon est qualifié de “ tueur d’enfants ”. Il entre dans les moeurs dans les années 1910 lorsqu’on découvre qu’il faut le stériliser. Après la Seconde Guerre mondiale, seules les femmes issues des classes populaires continuent de donner le sein. Dans les milieux aisés, cette pratique passe pour vulgaire. Plus tard, elle sera vécue comme un asservissement. La désaffection pour le lait naturel va durer cinquante ans. Aujourd’hui, 60 % des nouveau-nés sont nourris au sein. Dans les maternités, les femmes qui choisissent le biberon sont culpabilisées.
Que de chemin parcouru depuis les années 1940, quand les accouchements se déroulaient à la maison, dans des conditions d’hygiène souvent précaires qui entraînaient nombre de décès en couches... Longtemps, aussi, les maladies infantiles ont terrorisé les parents. Dans les années 1920, moment où se développent les premiers dispensaires, un enfant sur deux admis à l’hôpital à Paris n’en sort pas vivant. La tuberculose, la scarlatine, la diphtérie tuent. C’est à partir de l’apparition des vaccins que la santé du bébé devient moins préoccupante. Les chercheurs commencent alors à s’intéresser à ce qui se passe dans sa tête.
Aux Etats-Unis, le pédiatre et psychologue Arnold Gesell étudie, dès les années 1930, la croissance mentale du petit enfant. Il dresse une échelle de développement dans les premiers mois de la vie. Un “ baby test ” qui reste une référence, trois quarts de siècle plus tard, pour nombre de mamans. Au fur et à mesure des découvertes de spécialistes tels le psychiatre René Spitz, le biologiste et éthologue Konrad Lorenz ou encore le pédiatre Benjamin Spock, le regard sur l’enfant change du tout au tout. Parallèlement, l’avènement de la société de consommation lui donne un nouveau statut. Dans les années 1960, un marché se met en place autour du tout-petit : petits pots, chauffe-biberons, sièges adaptables, jeux éducatifs, agences de baby-sitting. Il a même son émission de télévision : “ Bonne nuit les petits ”. Les crèches se multiplient et se transforment en lieux d’épanouissement.
La place accordée au développement sensoriel est la grande nouveauté des années 1970. Epoque où la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto dispense à la radio ses conseils aux parents désemparés. Par crainte de voir son enfant traumatisé par les interdits, toute une génération de parents, celle des baby-boomers, a renoncé à l’autorité. Une éducation permissive aujourd’hui remise en cause par ceux qui l’ont reçue. Fixer des limites à l’enfant est devenu le credo des jeunes pères et mères pour éviter de se retrouver confrontés à de mini-tyrans ! Une nouvelle engeance qui a fait le succès de feu-“ Super Nanny ” !
Sylvie Véran

Valid XHTML 1.0 Transitional

Site internet par Pixelsmill Illustrations par Wiebke Petersen